dimanche 6 juin 2021

Un taxi pour Recouvrance ~ Jean-Michel Prima

 


Une enquête policière menée à l’ancienne par un flic cruciverbiste et son adjoint boutonneux.
On repêche de tout dans le port de Brest. Des bouts de ferraille sans avenir, des serpents de mer et des macchabées de la dernière marée. Une enquête débute…

Brest, ses cargos, ses matelots, ses bistrots et ses macchabées qui remontent à la surface de l’eau. Un éternel recommencement au rythme des marées et des comptes à régler. L’histoire relatée ici a fait couler beaucoup d’encre. Et un peu de sang aussi. Dans les tavernes de la rue de Siam, elle continue d’alimenter les conversations. De nourrir les fantasmes. Mais comme tout bon ragot de comptoir, elle est rigoureusement inauthentique. Le lecteur qui croirait reconnaître le perroquet Balthazar se trompe de perchoir. Celui qui croirait reconnaître la serveuse se trompe d’abreuvoir. Seules la pluie, les grues et les mouettes sont garanties d’origine. Bien sûr, il y a ceux qui continueront de douter. Ceux qui s’obstineront à chercher. Qu’ils sachent tout de même que d’autres ont enquêté avant eux… Brochu, flic vieille France en fin de carrière. Martineau, stagiaire fraîchement sorti de l’école de police et de la puberté.

Quoique dûment circonstancié et un tantinet sibyllin, leur rapport restera dans les annales criminelles comme un modèle de récit épique et poétique.

Journaliste indépendant, Jean-Michel Prima taquine l’écriture, noircit des carnets, griffonne des bouts de notes, collectionne des bribes d’histoires qui finissent… dans un tiroir. Et puis un jour, ça déborde. L’encre coule dans un flot libératoire. Un élan jubilatoire qui prend la forme du polar.

 

Un grand merci aux Editions Ex Aequo pour leur confiance

Le corps d’un homme est repêché dans le port de Brest. Celui-ci est retrouvé avec une balle dans la tête. Le commissaire Brochu et son adjoint Martineau sont sur le coup pour résoudre cette enquête.

Un taxi pour Recouvrance de Jean Michel Prima est le lauréat du prix Zadig 2020. C’est un prix qui permet de récompenser les meilleures nouvelles policières. Les auteurs doivent se démarquer devant un jury aguerri.
Cette nouvelle nous plonge en plein cœur de la ville de Brest où l’on découvre son port, ses bistrots, quelque-uns de ses habitants, … L’intrigue de base est assez classique puisque nous suivons des policiers qui tentent de résoudre le meurtre d’un homme. Et quand je dis classique, ça n’a rien de négatif !
Ne vous attendez pas à un roman bourré d’action parce qu’on est en face d’un roman d’ambiance qui nous fait découvrir la ville de Brest et ses habitants. On va suivre l’enquête depuis que le corps a été repêché jusqu’à la découverte du coupable. Le commissaire Brochu et son adjoint Martineau vont doucement suivre le fils rouge et remonter petit à petit jusqu’au meurtrier. J’ai beaucoup aimé suivre ces deux policiers atypiques dont les dialogues sont très agréables à lire voir même assez drôle avec des jeux de mots et des réparties intelligentes. Les dialogues apportent vraiment un plus à cette histoire. Couplé à une plume fluide et très agréable, on a affaire à une nouvelle très agréable à lire.
On va être confronté à des thèmes comme la précarité, les magouilles, la jalousie, la cupidité et l’amour.

Brochu est un policier vraiment particulier, il ne fait pas les choses comme tout le monde et n’hésite pas à donner de sa personne pour trouver des réponses. Il a des raisonnements qui peuvent partir dans tous les sens, il a un petit côté poétique et artiste. Bref, j’aime beaucoup ce personnage.
Martineau, on a envie de le plaindre. Faire équipe avec Brochu et son esprit particulier semble parfois compliqué…

En bref, une nouvelle policière qui nous plonge en plein cœur de Brest et qui nous fait suivre un duo de policiers particuliers !

 

 



Il était une fois Wanda ~ Alan Alfredo Geday

 

Wanda regarde sa bague de fiançailles. Elle observe les éclats de diamant se réfléchir sur la fenêtre du train. Elle est magnifique. Après Boris, c’est ce qu’elle détient de plus précieux. Elle a tout fait pour la sauver des révoltes bolchéviques. Le jour où ils avaient pillé leur appartement de Saint-Pétersbourg, elle avait glissé la bague d’Igor dans son corsage. Au moins, elle était certaine que les émeutiers ne l’emporteraient pas sans elle. Elle réfléchit. Ce train est son destin. Elle a l’impression d’avoir déjà vécu ce moment, comme un rêve qu’elle réalise. Ce paysage qui défile, elle l’a déjà vu. Cette langue française des voyageurs, elle l’a déjà entendue, et elle la parle et la comprend depuis ses années à Lausanne. Ce réconfort qu’elle espère trouver en France, elle l’a déjà ressenti. Comme si tout avait été écrit. Serait-ce le début d’une vie nouvelle ?


Je remercie Alan Alfredo Geday pour sa confiance et pour l’envoi de ce service-presse !

La ville de Saint-Pétersbourg est prise d’assaut par les bolchéviques. Wanda voit sa maison se faire saccager, ses bijoux volés et son mari kidnappé. Elle va donc fuir vers Paris avec son fils Boris pour commencer une nouvelle vie. Elle va réussir à faire libérer Igor, son mari qui va les rejoindre dans la capitale. Mais cette nouvelle vie tant rêvée, ne va pas se passer comme prévu. Wanda devra se battre pour ses rêves et sa famille.

J’avais déjà pu lire « Le blues du pêcheur » de l’auteur que j’avais beaucoup apprécié. Alors quand il m’a proposé de découvrir celui-ci, j’ai tout de suite accepté ! Encore une fois, ce type de lecture n’est pas forcément ce que je lis d’habitude donc je suis encore une fois sortie de ma zone de confort. Et je ne le regrette pas parce que j’ai beaucoup aimé découvrir l’histoire de Wanda. La suivre dans ses aventures et ses déboires. C’est l’histoire d’une femme forte, indépendante, créative et ambitieuse. Une femme qui veut peindre et devenir célèbre. On va donc découvrir ce personnage haut en couleur, dans sa découverte de la ville de Montparnasse à travers l’art et les fêtes les plus folles et les artistes les plus talentueux comme Jean Cocteau, Suzy Solidor, Colette, …
C’est un roman relativement court, mais qui n’en reste pas moins intense. On va pouvoir observer le monde de l’art ainsi que sa face cachée moins connue et qu’on va pouvoir découvrir à travers les pages de ce roman.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Wanda, son évolution à travers son histoire et ses découvertes et surtout sa découverte d’elle-même. Elle va prendre son indépendance et s’affirmer de plus en plus. Outre sa vie professionnelle on va aussi suivre ses déboires personnels. Entre son art, son mari et son fils qui va-t-elle choisir ?!

Alan Alfredo Geday a toujours une plume aussi agréable et fluide à lire. Elle permet de faire passer les émotions et nous plonge en plein cœur des années 20.

Encore une très belle histoire que j’ai aimé découvrir surtout qu’elle touche à un thème qui me passionne : l’art !

Kêtos, tome 1 : Le chant du kraken ~ Keliane Ravencroft

  « Tant que tu feras partie de mon équipage, je m’assurerai qu’il ne t’arrive rien. » Nérée, un jeune triton aux mains des Espagnols, est...